Dimanche 17 février, Nathalie Kosciusko-Morizet a commencé sa campagne de terrain dans les rues parisiennes. Le microscosme politico-journaliste s’interroge : dans quel arrondissement se présentera-t-elle ?

  • Daïc Audouit (twitter@daicaudouit)
  • Publié le 17/02/2013 | 17:55, mis à jour le 17/02/2013 | 19:10

Pas de temps à perdre. Candidate déclarée le vendredi, candidate en campagne dès le dimanche. C’est le proverbe de la sagesse politique moderne.

Nathalie Kosciusko-Morizet a donc battu tout en douceur le pavé parisien aujourd’hui. Rue Montorgueil ce matin, comme en témoignent les photos postées par les militants UMP sur leurs comptes twitter, et cet après-midi dans le XIII ème arrondissement à l’occasion des festivités du Nouvel An chinois, en compagnie de ses futurs adversaires potentiels, Anne Hidalgo, Jean-Marie Le Guen ou Cécile Duflot.

De quoi donner des indices aux observateurs qui s’interrogent sur l’arrondissement dans lequel se présentera NKM à l’occasion des municipales si elle remporte la primaire organisée par l’UMP. Rappelons en effet qu’à Paris, l’élection a pour base l’arrondissement et qu’avant de briguer la mairie centrale, il faut se faire élire dans un des vingt quartiers de la capitale. Quel est celui que choisira NKM ?

« Je serai candidate dans un arrondissement dans lequel il y aura des enjeux pour cette bataille de Paris.  C’est dans cet esprit là que je m’engage. Ce qui relève de moi seule, c’est le choix du risque, le choix d’être candidate dans un arrondissement de reconquête, de mettre toute mon énergie dans cette bataille, mais cette question je dois la partager avec tous les militants et les élus », déclarait-elle vendredi lors de sa conférence de presse.

Actuellement, il y a douze arrondissements de reconquête, douze arrondissements à reprendre à la gauche pour l’UMP. Mais quand on enlève de la liste, les arrondissements impossibles à remporter et ceux qui trop petits ne font pas gagner beaucoup de conseillers de Paris, il n’en reste plus que 2: le 12 ème et le 14 ème.

« Le 12 ème, ce serait un peu délicat. Là-bas, ce sont des polytraumatisés du parachutage« , confie un conseiller de Paris UMP, évoquant les arrivées sans lendemain d’Arno Klarsfeld, de Jean-Marie Cavada ou de Christine Lagarde. Sans oublier celle en suspens de Charles Beigbeder lors des dernières élections législatives. Se présenter dans cet arrondissement serait s’ajouter à cette longue liste et renforcer les accusations de parachutage qui s’abattent déjà sur NKM.

Reste le 14 ème, hypothèse défendue par nos confrères du JDD. Un choix qui peut sembler logique, dans cet arrondissement « bobo » qui n’est à gauche que depuis 10 ans et où en 2008, le Modem de Marielle de Sarnez avait fait un score à deux chiffres. Un électorat centre-gauche modéré que peut espérer séduire la toujours député-maire de Longjumeau.

Sur son compte twitter, Marie-Claire Carrère-Gée, élue UMP de l’arrondissement dément sans démentir et assure qu’il faudra aussi compter avec elle. Peu importe l’arrondissement qu’elle choisira, NKM devra gérer les relations avec les équipes déjà en place. Et c’est pourquoi elle ne devrait pas annoncer son choix avant la primaire pour ne pas créer de remous supplémentaires. C’est du moins ce qu’elle a affirmé lors de sa conférence de presse de vendredi.

Mais parmi les élus expérimentés de la capitale, beaucoup déconseillent à NKM de se présenter dans un arrondissement de reconquête. « Cela ne manquerait pas de panache, mais cela focaliserait l’attention sur un seul arrondissement« , juge l’un d’entre eux. « Et si elle va dans un arrondissement à reprendre, elle sera être obligée d’être tête de liste, et il faudra qu’elle fasse une campagne intense dans son arrondissement au détriment du reste de la capitale« , analyse un autre qui rappelle qu’en leur temps Jacques Chirac ou Bertrand Delanoe ne conduisaient pas de listes.

Les plus anciens ont la campagne de Phlippe Seguin en mémoire. En 2001, le candidat du RPR voulait se présenter en quatrième position dans le 18 ème arrondissement, celui de Delanoe. Un choix aussi courageux que suicidaire et donc stupide. Car cet arrondissement était bien ancré à gauche, et qu’en quatrième place, il ne pouvait être élu au conseil de Paris et donc briguer la mairie centrale que si la droite l’emportait. Ce qui était impossible. Un mois juste avant l’élection, il prenait finalement la tête de la liste dans le XVIII ème se rangeant à l’avis de ses conseillers.

« Moi je lui conseille de se mettre bien au chaud dans un arrondissement de droite », explique un élu de Paris. NKM est sans doute moins autiste que Philippe Seguin, mais dans le genre têtu, elle ne laisse pas sa part aux chiens. Suivra-t-elle ce conseil ?