Allons-nous laisser mourir nos bars et restos à Paris?

Allons-nous laisser mourir nos bars et restos à Paris?

Si Anne Hidalgo ne se décide pas à changer de braquet, nos bars et restos vont mettre la clef sous la porte!

Il faut les sauver ET leur permettre de redémarrer

Que sera Paris sans ses bars et restaurants? Que sera, sans eux, notre vie sociale à Paris?

Il faut, vite, se poser cette question et y répondre en urgence : car si l'on en reste à la situation actuelle - c'est à dire avec les aides de l'Etat et les maigres exonérations accordées par la Ville de Paris-, pour beaucoup de Parisiens, c'en sera fini du moment si précieux du café-journaux le matin au troquet du coin, du déjeuner sur le pouce au resto le midi ou plus longuement le soir. Tant de grands restaurants, ceux des grandes occasions, ceux qui attirent aussi une clientèle internationale, mettront la clé sous la porte. Nous y perdrons une partie de nous mêmes, Paris une part de son âme.

LE "PLAN DE SOUTIEN" DE LA VILLE DE PARIS EST TRAGIQUEMENT INSUFFISANT

La Ville de Paris annonce fièrement que, dans les 200 millions d'euros de son "plan historique" de soutien  à l'économie parisienne, 30 millions iront au secteur des bars et de la restauration.

Même si ces 30 millions étaient, réellement, une aide au secteur, ce serait tout à fait insuffisant ! On peut en effet espérer d'une Ville dont le budget de fonctionnement représente autour de 8 milliards d'euros qu'elle puisse consacrer un peu plus de 30 millions d'euros aux bars et restaurants dont la survie est aujourd'hui menacée.

Surtout, c'est un leurre! Ces 30 millions d'euros ne sont pas des aides. Ce sont  simplement des "non-recettes", que la Ville renonce à percevoir (exonérations de loyers et redevances, droits de voirie).

D'ailleurs, même pour des non-recettes, la Ville est pingre : Anne Hidalgo a accordé aux bars et restaurants 6 mois d'exonération seulement, alors qu'il aurait fallu aller jusqu'à fin 2020.

Et une exonération ne fait pas le printemps ! la question, c'est de pouvoir redémarrer! Or, redémarrer nécessite d'investir, pour reconstituer ses stocks. Et redémarrer  suppose de pouvoir être rentable alors même que les règles sanitaires imposeront une drastique limitation du nombre de clients. Pour beaucoup, cela n'a rien d'évident. Pour certains, ce sera la clé sous la porte.

Si la Maire de Paris ne se décide pas à changer de braquet, ce sera une catastrophe économique, humaine et sociale.

C'EST POURQUOI NOUS DEMANDONS EN URGENCE A ANNE HIDALGO

  • d'aider les commerçants qui ont tout perdu à survivre, avec l'extension de l’allocation municipale de compensation de la fermeture des cantines scolaires versées par la CAF bénéficiaires des tranches tarifaires 4, 5 et 6 lorsque, pour les indépendants, ils ont perdu leurs ressources et, pour les salariés qui ont perdu leur emploi, afin de répondre à une baisse de pouvoir d’achat de ces familles à revenus moyens,
  • d'exonérer les commerces de la taxe de séjour, des droits de voirie et de la redevance spéciale pour les déchets non ménagers, dès la reprise de l’activité de ces établissements, jusqu’à fin 2020,
  • une exonération des loyers des locaux commerciaux gérés par les bailleurs sociaux de la Ville pour les mois de reprise d’activité (de mai-juin jusqu’à septembre inclus) et ceux, qui ont subi une perte d’exploitation du fait du confinement (période du 17 mars-11 mai et jusqu’à fin septembre),
  • que la Ville de Paris abonde le Fonds Résilience mis en place par la Région d’Ile-de-France avec la Caisse des Dépôts, les collectivités locales d’Ile-de-France et la Métropole,
  • une exonération des pénalités de retard pour les entreprises sous contrat avec la Ville  pendant la période du confinement,
  • d'offrir un maximum de souplesse à tous les commerces, en particulier en les autorisant à ouvrir le dimanche,
  • d'examiner en urgence de toutes les demandes de commerçants et restaurateurs visant à accueillir en toute sécurité leurs clients, y compris sur l’espace public,
  • une exonération de redevance de 6 mois pour les concessionnaires de la Ville de Paris et prolongation de la durée de concession d’une année ;
  • la mise en place, pour les commerçants et artisans, d’une garantie d’emprunt de la Ville pour des prêts de trésorerie en complément des dispositifs de l’État ou de la Région,
  • la mise en place de labels pour les acteurs de l’hôtellerie restauration et les sites touristiques afin de renforcer encore leur attractivité, notamment auprès des touristes étrangers,
  • le lancement, le moment venu, d’une campagne de communication de grande envergure, en France et à l’étranger, pour mettre en valeur le tourisme à Paris
  • la mise en place d’une aide à la numérisation pour les commerces, les artisans et le secteur de la restauration.

Il faut agir, vite !

Marie-Claire Carrere-Gee

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