Mise à sens unique de la rue d'Alesia : la Mairie décide toute seule et n'écoute personne!

Mise à sens unique de la rue d’Alesia : la Mairie décide toute seule et n’écoute personne!

Vœu présenté par Marie-Claire Carrere-Gee et les élus du groupe Changer Paris au Conseil de Paris (juillet 2020)

 Depuis des semaines, et hors les aménagements provisoires liés aux conséquences du déconfinement, on ne compte plus les aménagements de l’espace urbain et des voies de circulation à Paris.

Ces aménagements présentent pour la plupart les caractéristiques d’être :

-impromptus ;

-non concertés ;

-pénalisants pour certains usagers

-sans approche d’ensemble, qu’il s’agisse de l’ensemble des mobilités ou des conséquences sur l’ensemble de l’espace urbain ;

-et d’occasionner des phénomènes de congestion.

C’est ainsi le cas d’une « expérimentation » tendant, en plein mois de juillet, à mettre en sens unique la rue d’Alésia. Les élus n’ont aucunement été informés de son lancement. Les riverains ont reçu une information 48 heures avant. Surtout, les conséquences sont désastreuses alors même que beaucoup de Parisiens et de personnes venant habituellement travailler à Paris sont actuellement en vacances. Beaucoup d’habitants résidant dans des zones voisines, très mal desservies par les transports en commun ou ayant des problèmes de mobilité se voient en quelque sorte « assignés à résidence » ou contraints à faire de longs détours pour faire de très courtes distances.

Marie-Claire Carrere-Gee et les élus du groupe Changer Paris forment le vœu que toute expérimentation ait lieu durant les mois où les Parisiens ne sont pas en vacances.

Ils forment également le vœu tout aménagement de l’espace public fasse l’objet d’une expertise et de concertations préalables, et donne lieu à la publication, sur le site de la Ville de Paris, d’une étude d’impact préalable.

Question de Marie-Claire Carrère-Gée  (groupe de la droite et du centre - 100 % 14e) relative à l’expérimentation d’une mise en sens unique de la rue d’Alésia (Conseil d'arrondissement, seprembre 2020)

Depuis le 8 juillet, riverains, parisiens, franciliens et visiteurs ne peuvent plus emprunter la rue d’Alésia que dans la direction Place Victor et Hélène Basch / rue Vercingétorix ou dans la direction Place Victor et Hélène Basch / Place Coluche.
Cette expérimentation, discrètement déployée à partir du 3 juillet, viserait à :
- améliorer la circulation du bus 62, identifié comme le plus fréquenté de la rive gauche
- limiter le trafic automobile d’une rue notamment bordée de 11 établissements scolaires
- sécuriser les déplacements à vélo
- améliorer la santé environnementale et faire baisser la pollution
L’étude d’impact que vous avez bien voulu nous communiquer, réalisée lors de la préparation du projet, mettait en évidence les conséquences négatives d’une telle mesure.
L’expérience a depuis confirmé les conclusions de l’étude d’impact. A ce titre, prenons l’exemple rapide du trajet entre la rue du Saint-Gothard et la porte de Châtillon, chemin le plus logique pour prendre le périphérique ouest :
o le chemin le plus rapide – donc le moins polluant, le moins nuisible à la santé et réduisant au maximum la circulation automobile suppose d’emprunter la rue d’Alésia dans le sens Place Coluche / Place Victor et Hélène Basch. L’expérimentation l’interdit ;
o ses alternatives consistent à rejoindre Montparnasse pour ensuite descendre la rue Vercingétorix et rejoindre la porte de Vanves, ou contourner le centre hospitalier Sainte-Anne, emprunter l’avenue Reille puis la porte d’Orléans.
Dans les 2 cas, la durée du trajet est rallongée de 15 minutes au moins, en partie à cause des difficultés de circulation rencontrées en certains points de l’arrondissement quelle que soit l’heure du déplacement. Le bilan en termes de pollution, de santé et d’encombrement est donc négatif. Au plan de la sécurité, il expose nécessairement davantage de piétons, de cyclistes et d’enfants des écoles ;
o quant à la circulation du bus 62, à ce jour, les usagers ne constatent pas d’amélioration.
A l’aune de ces 2 références – l’étude d’impact et la réalité quotidienne –
nous souhaiterions connaître les effets de l’expérimentation sur :
- l’évolution du niveau du service rendu par la ligne 62 : amélioration / détérioration
des temps d’attente, de remplissage, - l’évolution du trafic automobile, en particulier sur les voies de contournement et les voies analysées dans l’étude d’impact ;
- le niveau de pollution et les premiers constats sanitaires
De même, nous vous demandons en quoi les conditions d’une sécurisation des personnes circulant sur la voie publique sont améliorées, dans l’immédiat compte tenu des constats faits, mais aussi plus durablement, dès lors que ne sont pas appréhendées les règles de circulation et de partage du domaine public.
Enfin, dans l’hypothèse où vos réponses montreraient une détérioration des indicateurs et, ce faisant, une solution inadaptée aux objectifs poursuivis, nous vous demandons sous quels délais vous stopperez l’expérimentation
en cours.

Marie-Claire Carrere-Gee

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