Les infirmiers, aides-soignants et internes doivent pouvoir se loger à Paris !

Les infirmiers, aides-soignants et internes doivent pouvoir se loger à Paris !

Je me réjouis des engagements pris par Ian Brossat, l'adjoint au logement d'Anne Hidalgo, à la suite du voeu que j'ai déposé au Conseil de Paris le 16 décembre 2020, pour que la Ville de Paris réserve beaucoup plus de logements aux soignants des hôpitaux de Paris - qu'ils soient infirmiers, aides-soignants ou internes.

J'ai également encouragé la Mairie de Paris à créer des Maisons des Internes à Paris : je forme le voeu que mon appel soit entendu.

Vœu de Marie-Claire Carrere-Gee et des élus Changer Paris tendant à réserver les 400 logements sociaux et intermédiaires de Saint-Vincent-de-Paul aux personnels et internes de l’AP-HP et des établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPICs) parisiens

Paris et les Parisiens ont payé le plus lourd tribut à l’épidémie liée à la Covid-19.

Si les médecins, infirmiers, aides-soignants et étudiants en médecine n’avaient pas été là, avec tout leur professionnalisme, leur courage et aussi leur humanité, le bilan aurait été plus catastrophique encore. Aujourd’hui, Paris doit dire merci à ses soignants.

Bien sûr, aider les personnels hospitaliers et les internes à se loger n’est pas de la seule responsabilité de la Ville de Paris. Il appartient également aux établissements de santé de faire tous leurs efforts pour attirer et fidéliser des personnels.

Mais Paris, une ville où le logement est si cher, a aussi sa responsabilité et ne saurait se défausser sur l’AP-HP. L’engagement de la Ville, matérialisé par une convention triennale portant sur la réservation de seulement 500 logements en 3 ans, soit 150 par an, doit radicalement changer d’échelle.

Actuellement, au moins 400 infirmiers manquent à l’appel dans les services hospitaliers parisiens. L’AP-HP ne parvient pas à en recruter en nombre suffisant : les salaires à l’hôpital sont trop faibles pour se loger à Paris. Et parmi les personnels soignants non médicaux en poste, la moitié vit à plus de 45 minutes de son lieu de travail, près du 1/3 à plus d’une heure. Ce sont des conditions difficilement compatibles avec les exigences de la permanence des soins, mais aussi de la vie familiale de nombreux personnels, en particulier pour les familles monoparentales.

Beaucoup d’internes, qui contribuent à faire tenir le service hospitalier et la permanence des soins, sont également dans une inadmissible situation de précarité compte tenu du coût du logement. Ils travaillent, en moyenne, autour de 60 heures par semaine, parfois 70 heures dans certains services. Changeant d’hôpital chaque semestre, aux quatre coins de Paris, beaucoup habitent malheureusement loin de leur lieu de travail : comment se loger à Paris avec une rémunération de 1500 euros et une indemnité logement de … 28 euros par mois ?

Il est urgent aussi que Paris se dote de plusieurs Maisons des Internes, où les internes des hôpitaux de Paris pourraient se loger durant leur internat. D’autres villes françaises le font, pourquoi pas Paris ? Il en va de l’attractivité de Paris, pour attirer et conserver les meilleurs, quelle que soit leur origine sociale. C’est naturellement une cause défendue par le Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIPH) et l’InterSyndicale Nationale des Internes.

Pour que Paris, en cette année si particulière, soit au rendez-vous pour ses soignants, Marie-Claire Carrere-Gee et les élus Changer Paris forment le vœu que tous les 400 logements du futur quartier de Saint-Vincent de Paul soient réservés aux infirmiers, aux aides-soignants et brancardiers ainsi qu’aux internes de l’AP-HP et des ESPICs parisiens.

Ce ne serait que justice.  Ce serait un geste symbolique de reconnaissance de la part de Paris et de tous les Parisiens. Ce serait le signal d’un renouveau de l’attractivité de Paris, car Paris sans la santé n’est plus Paris.

Marie-Claire Carrere-Gee

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